J’écris sur ce blog depuis deux ans. Deux années riches en rebondissements, diagnostics, progrès, changements. Riches en moments tristes, en désespoirs, mais aussi, et c’est un peu nouveau, en espoirs, en rêves, en partages.
Ce blog, et Instagram, c’était l’opportunité de me révéler au monde. Me jeter dans le vide, renoncer à ce qui m’avait étreint le cœur depuis toujours : cette idée que je devais me cacher, me conformer, être ce qu’on attendait de moi. Sans même qu’on me le demande ou qu’on réprouve mes comportements.
(C’est le même début que la semaine dernière. D’un début, j’ai écrit deux fins.).
J’ai toujours écrit, plus ou moins selon les périodes. Parfois fait lire, rarement, et sans vraiment être comprise. On me disait que c’était beau, sans voir que j’étais triste. Sans pouvoir m’aider. Je me cachais du monde.
Quand j’ai publié mes premiers articles, j’étais en frénésie d’écriture, et de recherches sur la neuroatypie et les sujets de psychologie (principalement liés au HPI, à l’époque, sans savoir que mes difficultés étaient liées à mon autisme et mon TDAH bien plus qu’au HPI). Deux articles par semaine, pendant plus d’un an. Instagram. Les abonnés qui montent, voire qui s’emballent, un réel qui m’échappe, vu des millions de fois, commenté des centaines de fois – à ce moment-là, je finis par couper la plupart des notifications, je suis surchargée. Mais chaque notification, chaque message, chaque vue est intéressant, exaltante : on me voit enfin. Enfin, je suis honnête, je me dévoile. Je ne suis pas encore sûre que j’existe, qu’être soi-même n’est pas qu’une expression qui me répugne, mais il se passe quelque chose. Mes parents, mes proches me lisent, aussi. Tout le monde ne le fait pas, mais au moins, je m’offre au monde. Certains commentaires sont vulgaires, cruels, m’accusent de mentir, d’avoir quelque chose à vendre – c’est vrai : des livres. Mon esprit, mes pensées. Je veux désespérément qu’on m’entende, qu’on me comprenne. Ne pas être seule. Qu’on m’explique à moi-même : être connue, pas célèbre, mais découverte, expliquée, commentée. J’ai passé tant de temps à me demander ce que j’étais : je rêve que d’autres m’expliquent, je rêve qu’on me conceptualise. Je pose les mots, j’attends ceux des autres, pour me comprendre.
Instagram est fait pour générer de la dopamine : vidéos courtes, algorithme. C’est valable pour les créateurs : je regarde les statistiques, je fais des tableaux, je me donne des objectifs de croissance. Les chiffres qui gonflent sont comme un jeu d’optimisation, un boost d’ego, un petit pincement au cœur d’y être sensible, aussi.
Et puis la vague décroît, l’augmentation s’arrête, puis c’est la décroissance. Je n’ai plus l’enthousiasme des premiers mois, je ne m’amuse plus à créer mes petites vidéos, je n’ai plus des idées de sujets qui flottent, que j’attrape au vol, tout le temps. C’est pareil à chaque roman : une période d’hyperfixation, d’enthousiasme, d’idées qui jaillissent. Et puis, le labeur.
Me partager, me rendre visible m’intéresse toujours, mais je ne suis plus portée par la vague de dopamine, par l’enthousiasme exalté du début. Même en tant que « consommatrice », Instagram me lasse, devient aussi une forme d’obligation. Je me force à maintenir un article de blog par semaine. Je sais ce que toute cette aventure m’a apportée : des échanges, des opportunités, des interviews. Je suis passée à la radio, sur Youtube, j’ai été lue par des gens, j’ai touché des gens qui sinon n’auraient jamais eu l’occasion de l’être. Alors je continue, en cherchant un peu d’enthousiasme ailleurs. Parcours classique, d’ailleurs. Discuter avec vous m’intéresse toujours, alors n’hésitez pas 😉
(#viedeTDAH).

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