Ecrire des articles est sorti de ma routine. Ou plutôt, de la liste des obligations que je m’impose. J’ai laissé passer une semaine : j’avais quelque chose à faire, la semaine était chargée. Travaux, visites à la maison, amis, Noël, rendus à rédiger pour la fac… Je ne sais plus ce que c’était, mais, pour une fois, ce ne serait pas grave.
Et puis une deuxième semaine.
Et puis encore.
Je ne mettais plus mes articles sur Instagram non plus. Plus envie. Je reçois quelques messages qui rendent ça intéressant, utile, mais je n’ai plus l’enthousiasme des débuts. Pas envie de faire des plans, du marketing, de choisir des heures de publication, de scroller un peu, pour faire bonne mesure.
Une période de réflexion, et, un peu, de transition. Qu’est-ce que tout le blog m’a apporté – ça va faire trois ans (j’avais écrit deux…). Instagram ?
Je me livre, on me lit, j’échange directement avec des gens, par commentaires, en vrai, avec mes proches, ma famille. Ça m’a fait beaucoup de bien. Comme un coming out, un démasquage : enfin, je peux dévoiler des couches de ce qu’il y a en moi, et la noirceur est un peu moins sombre.
J’ai rencontré des gens, pris confiance (sur certains points, sur d’autres, je dirais que j’ai moins confiance en moi depuis mon diagnostic. Pour la première fois, je dois bien reconnaître et mettre en mots des limites). Dans un sens, je n’aurais probablement pas mon emploi actuel sans lui, puisque j’ai aussi candidaté parce que quelqu’un y lisait mon blog, et je le savais. J’ai partagé mes livres, ce qui était un point central dans ma décision d’avoir ce blog, même si c’est allé au-delà.
Parfois j’ai des idées, je voudrais reprendre de vieux articles, changer l’esthétique du blog, discuter de quelques points, m’épancher encore. Mais je suis neurodivergente : c’est difficile de continuer, quand la flamme de l’enthousiasme, de la passion, de l’intérêt spécifique s’éteint. Quand des considérations de marketing, de réussite, entrent en jeu : Instagram est un gouffre de temps, de dopamine qui monte et descend, une boîte noire d’algorithme.
J’aimerais reprendre mes articles, mais je ne sais plus trop de quoi parler. J’ai aussi des doutes sur ce que je partage, ne pas trop en dire sur mes proches, notamment.
Bref, une période de transition, pas encore résolue.

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