
L’hypersensibilité, en général, est un concept sans vraie définition scientifique (c’est-à-dire sans seuil établi) qui se réfère à l’idée que certaines personnes ressentent « plus fort » que les autres, ou sont plus envahis au quotidien par leurs ressentis. Cela peut vouloir dire sensoriellement (sensibilité à la lumière, aux bruits, aux textures…) mais aussi émotionnellement (les hypersensibles seraient à fleur de peau, souvent hyper-empathiques, etc…).
Dans le cadre de l’autisme, l’hypersensibilité fait partie des symptômes des comportements répétitifs et intérêts spécifiques, et, comme l’hyposensibilité, fait partie des différences sensorielles que présentent beaucoup de personnes autistes.
D’après une étude de 1997 sur 200 enfants autistes, 39% d’entre eux étaient hyposensibles, 19% étaient hypersensibles, et 36% étaient l’un et l’autre, dans des modalités sensorielles différentes. Une immense majorité de ces enfants autistes présentaient donc des spécificités sensorielles de cet ordre.
Pour chaque sens, une personne peut être hypersensible (elle ressent des stimulis même faibles, et c’est souvent vécu comme un trop, une souffrance, qui peut conduire à la surcharge) et/ou hyposensible (il faut un stimuli important pour déclencher une réponse, le stimuli est ignoré…). Souvent, les comportements d’auto-stimulations (stims) visent à amplifier ces stimulis, par exemple avec le mouvement (danse, balancement), le bruit (cris, musique), la lumière (stims visuels, feux d’artifice, jeux de lumière…).


On compte aussi ici les hypo et hypersensibilités des sens comme l’équilibre (tourner sur soi si on est hypo, avoir facilement le mal des transports si on est hyper), la douleur (certains autistes en ressentent très peu et peuvent se blesser ou se brûler sans se rendre compte de la gravité, et même recherchent la douleur pour se distraire de situations émotionnellement compliquées, d’autres sont très sensibles), le toucher au niveau des textures (fuir certains vêtements, ou au contraire aimer les vêtements compressifs ou rêches)…
On peut être hyposensible à une modalité d’un sens (par exemple ne pas réagir si on nous touche, ne pas faire la différence entre les textures) et hypersensible à une autre (par exemple, pour le toucher, ne pas supporter un toucher en mouvement). Dans mon cas, par exemple, j’aime être compressée par mes vêtements ou par un câlin « haute pression » (être serrée le plus fort possible), mais les effleurements ou caresses légères sont très difficiles à supporter, je le ressens comme s’ils me « chargeaient électriquement », comme des chatouilles voire des décharges électriques.
Je vous conseille cette page Wikipédia avec un tableau intéressant sur les manifestations possibles sur chaque sens, avec le côté hyper (évitement) et hypo (indifférence ou recherche sensorielle) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypersensibilit%C3%A9_(psychologie)

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