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Autisme : les difficultés sociales (DSM-5)

A. Déficits persistants dans la communication et  des interactions sociales  observés dans des contextes variés. Ceux-ci peuvent se manifester par les éléments suivants, soit au cours de la période actuelle, soit dans les antécédents (les exemples sont illustratifs et non exhaustifs) :
– Déficits de la réciprocité sociale ou émotionnelle, allant, par exemple, d’anomalies de l’ approche sociale  et d’une incapacité à la conversation bidirectionnelle normale, à des difficultés à partager les intérêts, les émotions et les affects, jusqu’à une incapacité d’initier des interactions sociales ou d’y répondre.
– Déficits des comportements de communication non verbaux utilisés au cours  des interactions sociales, allant, par exemple, d’une intégration défectueuse entre la communication verbale et non verbale, à des anomalies du contact visuel et du langage du corps, à des déficits dans la compréhension et l’utilisation des gestes, jusqu’à une absence totale d’expressions faciales et de communication non verbale.
– Déficits du développement, du maintien et de la compréhension des relations, allant, par exemple, de difficultés à ajuster le comportement à des contextes sociaux variés, à des difficultés à partager des jeux imaginatifs  ou à se faire des amis, jusqu’à l’absence d’intérêt pour les pairs.

DSM-5, critères diagnostics de l’autisme, traduction autisme-asperger-québec (cité à la fin de l’article)

Dans des termes plus simples, et avec des exemples :

  • difficultés à établir une conversation, à répondre à une question, ou réponse inappropriée, par exemple crier sur quelqu’un qui pose une question, s’enfuir, ne pas répondre, ignorer la personne…
  • difficultés à s’adresser à quelqu’un, surtout un inconnu, sans se préparer et avoir en tête des « scripts », voire avoir besoin de les écrire, c’est-à-dire imaginer les réponses possibles et les directions que peut prendre la conversation et s’y préparer
  • difficultés à capter l’intérêt des gens, tendance à parler de ses propres intérêts sans voir que la personne en face ne s’y intéresse pas ou veut changer de sujet
  • difficultés à comprendre le « sous-texte », les implicites, les sous-entendus. Par exemple, s’il fait froid, un neurotypique pourrait dire « j’ai froid », et un autiste « peux-tu me prêter une veste / monter le chauffage », sans comprendre que le « j’ai froid » peut vouloir dire que l’interlocuteur aimerait qu’on l’aide
  • différences dans l’humour, par exemple faible compréhension du second degré, préférence pour les jeux de mots intellectuels…
  • mutisme, préférence pour le silence, période où le langage parlé n’est pas facile ou pas accessible du tout (notamment pendant les shutdowns)

  • difficultés avec le non-verbal, notamment présenter les « mauvaises » expressions par rapport à l’émotion ressentie, ne pas savoir interpréter les mimiques et/ou le langage corporel de l’autre
  • il est possible aussi que la personne autiste ne manifeste pas vraiment d’expressions et de langage non-verbal, et fasse reposer entièrement sa compréhension et son expression sur le langage
  • difficultés avec le regard : difficultés à maintenir ou établir le contact visuel, ou au contraire regard intense (notamment si la personne sait qu’on lui demande souvent de regarder dans les yeux et se force à le faire), globalement sensation que l’alternance contact visuel / détourner les yeux n’est pas naturelle
  • difficultés avec les manifestations sociables classiques, notamment le sourire (la psychologue qui m’a fait passer le test a par exemple mentionné que « je n’avais pas de sourire social », c’est-à-dire pas le réflexe de sourire si on me sourit).

  • différences dans la façon d’envisager les relations sociales, hiérarchiques, amicales, amoureuses. Cela peut être une absence d’intérêt pour ses relations, ou des difficultés et mauvaises expériences qui génèrent un retrait ou un renoncement, une fatigue sociale importante qui pousse à l’isolement, un dégoût pour les relations « masquées », c’est-à-dire pour le manque de profondeur des relations « normales »
  • difficultés à s’adapter au contexte social, par exemple tendance à parler de la même façon à un ami, à son patron, au boulanger…, difficulté à s’adapter aux jeux ou aux dynamiques d’un groupe
  • difficultés à s’intégrer à un groupe, qui peut pousser à l’isolement ou à un statut de bouc émissaire, de clown du groupe, etc., c’est-à-dire l’investissement d’un rôle fixe, qui peut favoriser le harcèlement à l’école, notamment

CRITÈRES-DIAGNOSTIC-TSA (DSM-5) | Autisme-Asperger-Québec (autismeaspergerquebec.com)

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