Reprendre ses études

J’ai repris en février 2024 des études, de zéro, en psychologie. Je suis inscrite dans un établissement entièrement à distance, suisse, délivrant des licences, des masters, des crédits ECTS reconnus.

J’ai d’abord tenté d’obtenir des équivalences pour entrer en L3 de psychologie dans des universités françaises qui proposaient l’enseignement à distance, en parallèle de l’enseignement présentiel, mais mes crédits ECTS acquis en prépa et école d’ingénieurs ont été jugés insuffisants.

J’ai finalement choisi un établissement 100% distanciel, afin de ne jamais devoir me déplacer, y compris pour l’inscription ou les examens.

Semestre 1

L’organisation est la suivante : des séances de regroupements sur Zoom, un samedi entier toutes les 3 à 4 semaines. Entre ces regroupements, des blocs de connaissances, d’exercices, de devoirs sont disponibles sur un espace en ligne. Pour le premier semestre, j’ai trois matières : initiation aux méthodes et au métier de psychologue, introduction à la psychologie et à la neurologie, et statistiques et méthode scientifique.

Le cursus indique une charge de travail indicative de 25h par semaine, autant dire que je ne les ai pas. Entre mon emploi à 40h par semaine (ou 32h, une semaine sur deux), et ma fatigue omniprésente, sans parler des travaux de la maison, il était hors de question que je travaille 5h chaque soir, ou mes week-ends complets.

Heureusement, et pour l’instant, je peux travailler sur mes pauses (le midi, par exemple), je connais déjà beaucoup de notions, et je travaille vite : ma dose de travail les soirs ou le week-ends est limitée à quelques heures par semaine. N’empêche, tout ceci demande une certaine consistance, une régularité qui n’est pas toujours mon point fort. La séparation en blocs de 3/4 semaines m’oblige à travailler régulièrement, même si les examens n’ont lieu qu’en fin de semestre – sauf travaux écrits à rendre et QCM à valider avant chaque regroupement.

C’est difficile de se remettre dans le côté scolaire – sans être assidue côté travail personnel, j’étais douée pour écouter en cours et retenir. Ici, il s’agit de travail personnel, de motivation personnelle, de textes à lire seule – et ma capacité de concentration et de mémorisation spontanée n’est franchement plus ce qu’elle était. J’écoute, dans les regroupements, d’une oreille, en faisant autre chose, et je me demande comment je pouvais être attentive pendant 7h de cours par jour, enfant.

Un espoir

Bien sûr, même si le sujet psychologie en général m’intéresse, je ne fais pas ça pour la connaissance pure, mais pour le diplôme, et l’espoir de changer de vie. Pour l’instant, on n’est pas vraiment dans la partie la plus intéressante, notamment parce que j’ai déjà étudié une bonne partie de ce que j’apprends aujourd’hui, mais aussi parce qu’il s’agit de bases théoriques, plus que de réflexion sur la nature humaine ou d’opportunités d’aider des gens à détricotter leur histoire. J’apprends à citer des livres, des structures cérébrales, des tests statistiques. Intéressant en théorie, mais assez loin de ce qui m’intéresse vraiment, spécifiquement, dans la psychologie : les histoires et la diversité humaines.

Souvent, je n’ai pas envie de travailler. Je procrastine. Je préfère tout faire au bureau, quand je peux, mais je n’ai pas accès à tout, je ne veux pas sortir mon manuel de neuro. Car, oui, je n’en ai pas parlé. Comment expliquer au bureau que je cherche désespérément une issue à mon secteur actuel ? Je suis fatiguée, est-ce mon travail, ou l’accumulation ?

Licence. Master. Au moins 5,5 ans, ils annoncent 7 ans et demi pour ceux qui n’accélèrent pas le parcours. Prévu pour être fait en parallèle d’un travail.

Trente-quatre ans et demi. C’est l’âge que j’aurais dans sept ans, après les sept ans et demi.

Ça me paraît si loin.

Mais j’ai hâte.

Ces prochaines années vibrent des opportunités, des changements, des adaptations qu’elles apporteront. Enfin, j’ai hâte du futur.

Un peu peur, quand même. La plus grande peur, même plus grande que d’échouer, serait de me désintéresser, pas des cours quotidiens, mais du projet. Recommencer à croire qu’aucun travail ne me conviendrait. Avoir peur des petits moments, des petites gênes futures, trouver un stage, parler à des gens, devoir faire mes preuves, accueillir mon premier client. Me mettre en danger. Avoir un enjeu, cet enjeu qui me manque tellement dans mon emploi actuel. Avoir la vie des gens entre les mains. Ne pas pouvoir les aider. Me tromper. Me désintéresser de certaines histoires, de certaines personnes.

Tant de mise en danger.

J’ai peur, j’ai hâte.


Je vis.

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